La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
Un texte fondateur pour la démocratie moderne.
Introduction
« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. » Cette phrase, écrite en 1789, est l’une des plus célèbres de l’histoire de France. Elle ouvre la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, un texte qui fonde encore aujourd’hui notre République.
L'essentiel à retenir
La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) est adoptée par l’Assemblée nationale le 26 août 1789.
Elle affirme des droits naturels : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression, ainsi que l’égalité devant la loi.
Elle établit les principes de la souveraineté nationale et de la séparation des pouvoirs ; elle figure aujourd’hui dans le préambule de la Constitution.
Explication
Après l’abolition des privilèges, les députés veulent fixer par écrit les principes de la nouvelle société, avant de rédiger une constitution. Inspirés par les philosophes des Lumières et par la Déclaration d’indépendance américaine de 1776, ils adoptent un texte de 17 articles.
L’article 1er affirme l’égalité des droits : la naissance ne donne plus de privilèges. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur « l’utilité commune », c’est-à-dire le mérite et les talents.
Le texte proclame des libertés fondamentales : la liberté d’opinion, « même religieuse » (article 10), la liberté d’expression et de la presse (article 11). La liberté est définie comme le droit de « faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Il protège les citoyens contre l’arbitraire : nul ne peut être arrêté sans raison prévue par la loi, et tout homme est présumé innocent jusqu’à ce qu’il soit déclaré coupable.
La DDHC change la source du pouvoir. Selon l’article 3, la souveraineté appartient à la nation, et non plus au roi. La loi est « l’expression de la volonté générale » : elle est la même pour tous. L’article 16 exige la séparation des pouvoirs, idée défendue par Montesquieu.
Ce texte a aussi des limites. Il ne concerne en pratique que les hommes : en 1791, Olympe de Gouges rédige une « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » pour dénoncer cet oubli. L’esclavage dans les colonies n’est aboli qu’en 1794, puis rétabli en 1802 par Napoléon Bonaparte, avant d’être aboli définitivement en 1848.
Exemples
Article 1 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »
Article 2 : droits naturels → liberté, propriété, sûreté, résistance à l’oppression.
Article 3 : la souveraineté réside dans la nation.
Article 11 : liberté d’expression et de la presse.
Olympe de Gouges (1791) : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Méthode
1. Je présente le document : nature, auteur, date, contexte.
2. Je relève les droits affirmés et je les classe (libertés, égalité, souveraineté).
3. Je montre ce que le texte supprime de l’Ancien Régime.
4. J’identifie ses limites (femmes, esclaves).
5. Je fais le lien avec notre République actuelle.
Attention
Ne confonds pas la DDHC (1789) et la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), adoptée par l’ONU après la Seconde Guerre mondiale. Elles sont liées par leurs idées, mais ce sont deux textes différents.
Résumé de la notion
Adoptée le 26 août 1789, la DDHC affirme l’égalité en droits, des libertés fondamentales, la souveraineté de la nation et la séparation des pouvoirs. Elle a des limites (femmes, esclaves), mais reste un texte fondateur de la République française.
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